Éduquer ses enfants sans violence, est-ce possible ?

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Éduquer ses enfants sans violence, est-ce possible ?

Éduquer ses enfants sans violence, est-ce possible ?  La violence fait partie intégrante de la nature humaine, c’est la loi de la nature. Bien, mais comment maitriser cette violence ? Qui n’a jamais piqué une colère, donné une claque à son enfant ? Qui n’a jamais eu une parole malencontreuse dépassant sa pensée ? La violence serait-elle le mal personnifié coupable de tous nos maux sur cette terre ? Surtout en termes d’éducation de nos enfants. La violence entrainant la violence, il y a de quoi méditer sur les maux de notre société. Si la violence est nécessaire à notre survie, en faire bon usage et la maitriser serait de bon ton pour vivre en harmonie les uns avec les autres.

Éduquer ses enfants sans violence, est-ce possible ?

Mais qu’est-ce que la violence ? « La violence est une action par laquelle la personne tente d’établir un rapport de force avec une autre personne. La violence ne donne pas d’importance aux besoins et émotions de l’autre. La personne utilisant des comportements violents force l’autre à agir contre son gré sans respecter ses droits. »

La violence se présente sous différentes formes : verbale, physique, psychologique… La violence est différente de la colère, celle-ci est une émotion saine devant une situation injuste, frustrante, blessante.

Éduquer ses enfants sans violence

Éduquer ses enfants sans violenceEn tendant l’oreille sur un reportage concernant les violences subites par la police, je ne peux m’empêcher de réfléchir sur le pourquoi de ces graves évènements. Nos jeunes se rebiffent, pourquoi ? Il n’est surtout pas question ici de lancer la pierre à qui que ce soit. C’est plutôt une réflexion sur le comment nous éduquons nos enfants. Les parents ont-ils les moyens, dans notre société actuelle, d’assurer une éducation digne de ce nom ?

Commençons par les parents plus anciens : « celle-ci, tu l’as bien méritée ! » Hein, quoi ? La gifle pardi ! Et la fessée en public, donnée par un parent, tellement excédé par la colère de son enfant devant un non catégorique pour acheter la belle voiture rouge du rayon jouets.

Euh… là c’est moi, quelle mère indigne je fais ! Bon, je vous rassure, ce n’est parce que j’ai eu ce geste malencontreux que mon enfant est devenu violent. Et puis, jeune parent, je n’avais pas les connaissances que j’ai maintenant.

Le métier de parent est difficile

C’est trop facile d’accuser les parents : éducation, laxisme, indifférence… La société est en mouvement : population cosmopolite avec cultures qui s’entrechoquent, demandant toujours plus de tolérance, de compréhension face à la différence culturelle de l’autre.

D’autres facteurs entrent en jeu : éclatement des familles, parents isolés, travail des deux parents, milieux défavorisés… Illettrisme, parents dépassés par le système d’éducation actuel…

Éduquer ses enfants sans violence, est-ce vraiment possible ?

En y regardant de plus près : combien d’heures par semaine, l’enfant passe-t-il véritablement près de ses parents ? Faisons ensemble un petit calcul sur une semaine, vous allez surement tomber à la renverse.

  • École de 9h à 18h, incluant les activités après la classe : 45 h
  • Activité de loisirs hors scolaire, disons environ 3 h par semaine : 3 h
  • Heures de sommeil sur une semaine : 70 h
  • Une semaine comprend 24 h X 7 jours : 168 h
  • Si l’on totalise ce que je vous ai énoncé : 45 h + 3 h + 70 h = 118 h
  • Ce qui reste aux parents : 168 h – 118 h = 50 h.
  • Ce qui fait une moyenne d’environs de 72 minutes par jour à consacrer à leur enfant.

Et quand il y a plusieurs enfants ? Imaginez un peu les familles nombreuses ! Je ne voudrais pas davantage vous plomber l’atmosphère, mais pour peu que vous fassiez profiter votre enfant de camps de vacances, vous allez voir votre moyenne de présence auprès de lui dangereusement diminuer.

Que faire pour éduquer ses enfants sans violence ?

Éduquer ses enfants sans violence et avec patienceCes chiffres concernent les parents qui travaillent tous les deux. Bien sûr il y a des exceptions, heureux les enfants pouvant en bénéficier ! Car oui, il y a des mamans qui ont fait le choix de rester disponible au risque de perdre leur situation professionnelle. Bravo à elles. J’ai fait ce choix et je n’ai jamais eu à le regretter, car cela m’a permis de rebondir autrement. Donner la priorité à ses enfants, tôt ou tard, la vie vous en remerciera.

N’accorder que 72 minutes à son enfant sur les 24h d’une journée, c’est un peu faible, ne trouvez-vous pas ? Ne serait-ce pas une forme de violence imposée aux parents ? Il y a fort à faire dans notre système actuel pour attaquer le mal à sa racine. Je me calme, car mes propos risqueraient  de dépasser ma pensée. Par contre, vous pouvez me dire ce que vous inspire ce sujet délicat sur l’éducation de vos enfants. Nous vivons dans une société où l’éducation tient trop peu de place au regard du temps passé à l’enseignement nos enfants.

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2016-11-18T00:08:43+00:00 Par |Categories: Éducation & enseignement|4 Commentaires

4 Commentaires

  1. Hypno180 24/10/2016 at 08:11 - Reply

    Je pense qu’il faut être le plus présent pour son enfant pour éviter le rapport de force car l’enfant réclame beaucoup d’attention mais aussi une vraie présence et intensité dans le rapport avec ses parents

    • Hélène Hug 25/10/2016 at 23:47 - Reply

      Bonjour Hypno 180,

      Oui, une présence toute en conscience est nécessaire près de nos jeunes.
      Le tout est de prendre du recul devant toute situation et d’expliquer à l’enfant le pourquoi de chacune de nos décisions.
      Le plus difficile est sans doute ce recul qu’il est nécessaire d’avoir sans se laisser envahir par nos propres émotions pour avoir la bonne attitude.
      Tout un apprentissage quand on en a compris le fonctionnement !

  2. Aurélie 29/12/2016 at 14:11 - Reply

    Bonjour et tout d’abord Joyeuses fêtes de fin d’années.

    Pour moi, il convient de distinguer agressivité et violence.
    L’agressivité est la mise en acte d’une croyance négative. Par exemple, un parent qui tape son enfant est agressif parce qu’il croit que l’enfant le fait exprès et le mérite d’où sa motivation à passer à l’acte. Afin de légitimer autant le parent que l’enfant, il faut y voir un jeu de transfert. Si le parent a eu cette croyance c’est parce que lui-même a été éduqué ainsi par ses propres parents “Si tu n’es pas sage alors tu auras une fessée sans discuter.

    En fait l’éducation à base d’amour conditionnel (je t’aime que si tu es sage) est courante dans nos sociétés si bien que nous avons pour la plupart pas prêter attention au conditionnement transgénérationnel que cela a eu.

    La violence quant à elle semble est une rupture due à une attaque du lien.
    Elle est corrélée à l’instinct de survie. Si un enfant a des parents qui ne lui offrent pas un cadre sécurisant et qui ne symbolisent pas bien la Loi (exemple: ce sont des parents qui interdisent à l’enfant de faire comme eux mais qui vont se permettre d’être violents), dans ce cas, l’enfant sent qu’il n’a pas de lien fiable pour se construire une identité.

    D’ailleurs, il retrouvera cette sensation dans sa vie sociale (école) puisque dans notre vie sociale (école, travail, amours), nous “rejouons” les mêmes rapports que nous avons vécu avec nos parents qui constituent la base de notre construction identitaire.

    Exemple: une employée se fait virer par son patron parce qu’elle avait une relation avec lui asymétrique. Si elle avait réussi à s’affirmer et à se faire respecter, soit que son patron aurait changer de comportement, soit qu’elle aurait d’elle même changer de travail.

    Or si elle ne l’a pas fait c’est parce qu’inconsciemment elle a été conditionnée par son éducation à obéir et faire profil bas jusqu’au point d’oublier qu’elle a une identité et qu’elle existe.

    La violence naît lorsque la répétition d’incohérences est vécue partout (famille, vie sociale) et que le lien fondamentale qui nous relie aux autres est en rupture. L’incompréhension de l’injustice répétée (provenant d’un manque de confiance en soi pathologique au sens où notre identité et notre estime ont manqué d’un cadre soutenant) mène alors au passage à l’acte: les mots se transforment en maux et ils ne se disent plus, ils prennent sens dans l’agir afin de garder un semblant de lien à soi-même.

    Si nous voulons éduquer nos enfants dans le respect et la paix, posons nous les bonnes questions: qui sommes nous ? Mon enfant est-il un “objet” d’éducation ou un sujet qui s’éduquera lui-même par l’amour inconditionnel que je lui donnerai ? Un “Non vide” vaut-il un “silence plein” ? Comment mener mon enfant vers l’amour de lui-même pour qu’il puisse aimer les autres ?

    Bref, en réalité, à travers les autres, c’est avec nous-mêmes que nous prenons le défi de vivre. Cela signifie qu’au-delà des conditionnements et des imperfections de la vie humaine, essayons de nous rappeler que la perfection est déjà là au sens où elle n’a pas besoin d’être recherchée, elle est ce qu’elle est. Ainsi ce sont nos imperfections qui nous rendent parfaits: en acceptant l’agressivité et la violence pour la nature de leur intention et non pour leurs faits, nous permettons à chaque personne d’avoir le droit à l’erreur et l’amenons vers la meilleure version d’elle-même.

    L’amour inconditionnel c’est celui qui respecte ce qui est présent quelque soit les conditions car il sait qu’au-delà de nos limites humaines, il s’agit d’une recherche de sens à son existence. L’amour est immuable et constant et garde foi en de meilleures versions: pour cela nous devons expérimenter le changement à travers le désir.

    Avec amour et gratitude.

  3. Hélène Hug 29/12/2016 at 17:32 - Reply

    Bonjour Aurélie et bravo pour ce complément d’analyse.
    Un juste milieu est à trouver dans tout.

    J’aime particulièrement ce passage :
    “Si nous voulons éduquer nos enfants dans le respect et la paix, posons nous les bonnes questions: qui sommes nous ? Mon enfant est-il un « objet » d’éducation ou un sujet qui s’éduquera lui-même par l’amour inconditionnel que je lui donnerai ?”

    Très belles de fin d’années à vous aussi Aurélie !

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