Avarice et histoire d’œufs

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Avarice et histoire d’œufs

Avarice et histoire d’œufs Avarice ? Voici Pâques qui arrive avec la chasse aux œufs de toutes les couleurs, y compris ceux en or, dans votre jardin ou appartement, c’est selon… Mais n’oubliez surtout pas de laisser une fenêtre ouverte pour éviter que les cloches ne se brisent sur votre vitre. Magie pour les petits, mais également pour les grands. Pâques est une fête religieuse soit, mais c’est aussi la fête du renouveau et du printemps. Alors je vous invite à balayer hardiment les dernières poussières de l’hiver embrumant encore votre esprit. Accueillez joyeusement cette nouvelle saison et laissez-vous porter par ce renouveau.

Avarice : récit léger pour vous déconnecter du sérieux

Redevenez des enfants et émerveillez-vous de la beauté et simplicité de la vie. Ne soyez pas avare de votre amour, ne soyez pas avare en voulant garder tous vos trésors pour vous. Non, donnez sans compter et vous recevrez au centuple.

Ne faites pas comme l’avare de cette fable de Jean de La Fontaine, “La poule aux œufs d’or” ou les deux autres histoires qui suivent sur l’avarice :

Une histoire d’avarice

La poule aux œufs d’or

L’avarice perd tout en voulant tout gagner.

Je ne veux, pour le témoigner

Que celui dont la poule, à ce que dit la fable,

Pondait tous les jours un œuf d’or.

Il crut que dans son corps elle avait un trésor :

Il la tua, l’ouvrit, et la trouva semblable

À celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,

S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens chiches !

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,

Qui du soir au matin sont pauvres devenus,

Pour vouloir trop tôt être riches !

Une autre histoire d’avarice, décidément !

L’avare

Une histoire d'avariceIl était une fois un homme très riche. Il était sans doute l’homme le plus riche de son village. Il était également l’homme le plus avare à telle enseigne qu’on le surnommait M’bibizo signifiant  “l’homme avare” .

M’bibizo était unique par son caractère avare, il n’avait ni femme ni employé, il exécutait lui-même tous les travaux domestiques et il était fier de ne rien dépenser.

Un jour, dans l’accomplissement de ses travaux, M’bibizo tomba dans un puits et poussa un cri d’appel au secours très violent :

– A l’aide, à l’aide ! ! ! hurlait-il.

Aussitôt, son voisin le plus proche accourut et lui tendit la main en s’exclamant :

– M’bibizo, donne-moi ta main que je te sorte du puits.

Mais M’bibizo détestait donner quoi que ce soit et c’est avec retard qu’il finit par tendre sa main. Ce long temps de réaction lui fut fatal. Sans doute aurait-il survécu si son voisin lui avait dit  » prend ma main « .

Les sages du village retinrent que ce fut bien l’avarice qui finit par tuer le riche M’bibizo.

Conte africain

Avarice quand tu nous tiens… Jusqu’à en perdre la vie

Les deux avares

Il y a plusieurs centaines d’années, vivaient en Perse deux hommes dont tous les habitants s’occupaient. Leur grande réputation n’était point flatteuse, d’ailleurs, car ils ne la devaient qu’à leur extrême avarice.

On parlait beaucoup des trésors que, dans leur désir excessif d’accumuler, ils entassaient dans des cachettes inconnues, mais ils étaient si ladres, si dépenaillés, et avaient l’esprit si uniquement rempli de leurs fortunes, qu’on ne les aimait point ; l’argent et l’or, seuls attendrissaient leur cœur, et on les méprisait fort.

Qui étaient ses deux hommes ?

L’un s’appelait Hafiz et demeurait à Kufa ; l’autre, beaucoup plus âgé, habitait la ville de Bassora, et se nommait Chémal. Tous deux ne se connaissaient que de réputation, et, se croyant, chacun, le plus grand avare de la terre, ils se mettaient en colère, quand quelqu’un disait, par exemple, à Hafiz, en parlant de Chémal : « En voilà un qui vous damerait le pion !… » où, réciproquement, à Chémal, en faisant allusion à Hafiz : « Ah ! celui-là en connaît plus long que vous !… »

Aussi, quoique se défiant l’un de l’autre, ils eussent bien voulu se rencontrer.

Or, le hasard voulut que Chémal eût quelques deniers à toucher à Kufa. Malgré la longueur du chemin, il se mit en route à pied et arriva en cette ville, un beau matin.

Hafiz, apprenant sa venue, courut tout le jour après lui, pensant :

« Nous allons voir si ce vieux bonhomme pourra me donner une leçon d’économie !… »

Histoire de politesses

L’ayant rejoint, vers le soir, il lui fit mille politesses, auxquelles l’homme de Bossara répondit à peine, étant, sans doute, chiche même de ses paroles.

« J’ai couru, disait Hafiz, toutes les hôtelleries où je supposais que vous pourriez descendre, et je commençais à désespérer de vous trouver !… Enfin, vous voilà, mon cher maître ! Je suis bien heureux de faire votre connaissance ! Voulez-vous me permettre de vous accompagner jusqu’à votre auberge ?…

– Je ne vais pas à l’auberge. Pourquoi ferais-je des frais inutiles, alors que Dieu nous donne à tous celle de la belle étoile, où l’on couche gratis !

– Vous parlez excellemment ! Mais encore faut-il manger, répondit en rougissant Hafiz, vexé que le voyageur ait déjà l’air d’être d’une avarice supérieure à la sienne.

– On mange des racines, des fruits, tout ce qu’on trouve, qui ne coûte rien !… Interrompit Chémal. Aussi faut-il que je me hâte de chercher mon dîner, et je vous dis un grand bonsoir ! »

Avarice : surenchère

Déjà il s’éloignait. Mais cela ne faisait point le compte de Hafiz, qui ne trouva rien de mieux, pour le retenir, que de l’inviter à souper, en se disant, à part soi, qu’il le traiterait si mal et si parcimonieusement, que la valeur de ce que l’habitant de Bassora absorberait serait sans doute compensée par le profit à tirer d’une conversation plus longue avec ce personnage illustre.

« Voulez-vous me faire l’honneur de partager mon modeste repas ? Oh ! sans cérémonie !… »

Chémal regarda d’un œil défiant cet homme dont souvent on lui avait vanté la sordide avarice, et qui l’invitait à dîner ! Cela lui parut bizarre, et voulant savoir ce qui lui valait un si grand honneur, il accepta.

Merveilleux repas

avarice et arrête de poissonLes deux confrères s’assirent devant la table boiteuse, qui, avec une vieille paillasse, formait tout l’ameublement de la mansarde qu’habitait Hafiz. Ils mangèrent un poisson séché, si maigre, qu’il n’y avait que des arêtes; du pain, si dur qu’il fallait le laisser tremper, une heure durant, dans l’eau, avant d’y mordre ; quelques pommes de terre, que les vers avaient déjà dévorées à demi ! Le tout était arrosé d’un petit vin tourné largement allongé d’eau !…

Chémal se déclara, cependant, enchanté de cette réception qu’il appelait fastueuse, et, à la grande stupéfaction d’Hafiz, il dit, en prenant congé de son hôte :

« Je veux reconnaître votre politesse ! Je n’ai pas terminé les affaires qui m’ont amené à Kufa. Je ne retournerai donc à Bassora que demain. Après avoir dormi quelques heures dans un bois voisin, je serai dispos de bon matin. Il ne faut pas perdre de temps, car le temps c’est de l’argent. Déjeunez avec moi, et pour ne pas me mettre en retard, venez me retrouver, à midi, devant l’église. »

Ils se serrèrent les mains, puis se séparèrent

Hafiz en se faisant la réflexion qu’à la place de Chémal, il eût économisé de rendre le dîner qu’on lui avait offert, et Chémal en jugeant, à part lui, qu’Hafiz n’arriverait jamais à rien, étant trop prodigue pour sa bouche.

Le lendemain, à l’heure convenue, tous deux furent exacts au rendez-vous. Du plus loin que Chémal aperçût Hafiz, il lui cria, d’un air très gai :

« Dépêchons-nous ! Je n’ai été libre qu’à l’instant même !… Allons aux provisions ! »

Ils entrèrent chez un boulanger.

Le summum de l’avarice

– « Est-il bon, ton pain ? demanda Chémal.

– Délicieux ! Voyez-le ! Blanc et frais, comme du beurre !…

– Tu as raison, boulanger, reprit l’avare, le beurre vaut mieux que le pain, puisque tu compares celui-ci à celui-là, et j’aurais tort de ne pas acheter du beurre plutôt que du pain. »

Et ils allèrent chez un fermier.

« As-tu de l’excellent beurre ?…

– Mais, certes, seigneur ! Du beurre de toute première qualité, doux et fondant comme la plus fine huile d’olive.

– Ah ! je n’y pensais point, fermier : l’huile d’olive est supérieure au beurre assurément. Aussi, je te demande pardon de t’avoir dérangé inutilement, mais je réfléchis, et je préfère acheter de l’huile d’olive. »

Alors, ils se rendirent chez le marchand d’huile.

« Hé, marchand d’huile, votre huile d’olive est-elle en tout point parfaite ? »

– J’en réponds. Vous pouvez la prendre de confiance : rien qu’en jetant les yeux dessus, vous vous rendrez compte qu’elle est aussi pure et aussi claire que de l’eau.

– Ceci prouve donc, surabondamment, que rien n’est meilleur que l’eau. Donc, Hafiz si vous m’en croyez, nous n’achèterons pas d’huile ! Je connais, non loin d’ici, une citerne toute pleine ! Venez vous régaler. »

Ils marchèrent jusqu’à la campagne.

Arrivés à l’endroit connu de Chémal, ils s’assirent sur l’herbe – on peut bien économiser une table ! – et Hafiz n’eut pour son déjeuner que de l’eau, sous prétexte qu’elle valait mieux que l’huile, que l’huile valait mieux que le beurre et le beurre mieux que le pain.

Le vieillard de Bassora était fier d’avoir montré à son collègue en avarice de Kufa  une incontestable supériorité, que celui-ci reconnut d’ailleurs d’assez bonne grâce, quoiqu’il fût mortifié de son inexpérience.

« Je saurai tirer profit de cette aventure, » dit-il en se serrant le ventre.

Depuis, Hafiz conserva une profonde vénération pour Chémal, ce qui prouve que ce n’est pas aujourd’hui qu’un sot trouve toujours plus sot que lui pour l’admirer !

Le résultat de la rencontre des deux avares fut d’exciter encore davantage leur honteuse passion, si bien que, à force de faire des déjeuners et des dîners aussi succulents que ceux que je viens de décrire, tous deux moururent de faim, et ce fut là une dernière et suprême économie, bien digne d’eux.

Contes et légendes. Henri TEICHMANN

Envie d’un autre conte sur l’avarice ? C’est ici

Jeter au feu toute pensée d’avarice. Laisser votre cœur vous guider vers ce que vous avez de plus précieux : amour, générosité, pardon, partage… Les fêtes de Pâques sont synonymes d’abondance, de bienfaisance, de renouveau… Excellent et beau printemps à vous !

2018-03-30T18:30:14+00:00 Par |Categories: Humeur & Humour|2 Commentaires

2 Commentaires

  1. sylviane 03/04/2018 at 07:59 - Reply

    L’avarice ma chère Hélène est pour moi le pire des “vices” car il entraine le manque de générosité, de confiance d’ouverture d’empathie bref c’est la porte ouverte à tous les défauts de la terre et celui qui donne sans attente sans espérer être rétribué fait preuve d’amour inconditionnel et c’est une belle âme en résumé quelqu’un vers lequel on va avec aisance et qui nous fait chaud au coeur, une personne que je connais d’ailleurs et toi aussi. Bisous si tu le permets

    • Hélène Hug 03/04/2018 at 21:14 - Reply

      En écrivant ce récit, j’avais en tête l’Oncle Picsou ( personnage de Walt Disney) si près de ses sous et enchantant malgré tout notre enfance au travers du ” Le Journal de Mickey”. On se l’arrachait entre frère et sœurs après que ma mère l’ai lu !
      C’est dire, Sylviane, que le thème de l’avarice à quelque peu déteint sur ma personne en terme de réflexions sur le sujet et non à prendre en exemple bien évidemment.
      Bien d’accord que l’avarice soit le pire des vices. Il est dit : donner et vous recevrez. Cela demande un totale confiance et abnégation dans l’acte de donner. Nous nous éloignons donc ici de l’avarice.
      Ainsi donc, donner sans en attendre de retour est l’inverse de l’avarice, mais oh combien plus enrichissant sur le plan du cœur ! Et au fil des ans, des situations, chacun pourra s’apercevoir qu’il reçoit toujours plus ce qu’il a donné.
      Alors, pour conclure, adieu l’avarice Sylviane et grand merci à toi !
      Hélène Hug Articles récents…Avarice et histoire d’œufsMy Profile

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