Cerveau, neurosciences et musicothérapie : retrouver une identité

Cerveau, neurosciences et musicothérapie : retrouver une identité

Partage d’un article de la revue hebdomadaire « La Vie » faisant écho  à un de mes articles de « ma bibliothèque interdite  au public » sur l’ouvrage « le cerveau musicien ». Notre cerveau est comme un disque dur, il enregistre votre vécu, vos émotions…témoin de votre vécu, que va-t-il vous restituer en cas d’incident neuronal ? Avez-vous une idée sur l’impact de la musique sur notre cerveau ? La musique peut-elle réellement nous aider à nous sentir en santé et nous sauver du néant ? Je vous livre dans son intégralité ce qui suit :

Cerveau, neurosciences et musicothérapie  

Thérapie : Nous sommes tous des « experts de la musique », capables de choisir intuitivement l’accord parfait  qui viendra clore un phrase musicale. Notre cerveau préfère la consonance à la dissonance. Nous sommes aussi des danseurs. La musique rythmique a une résonnance immédiate sur notre système nerveux et active presque instantanément notre système moteur. Les bébés chantonnent avant de savoir parler et les petits enfants se mettent à gigoter lorsqu’ils entendent une musique entrainante. Mais les primates aussi vocalisent pour bercer leurs petits, et les perroquets ne peuvent s’empêcher de danser et de secouer la  tête en cadence.

Qu’en déduire scientifiquement ? Les recherches génétiques menées ces dernières années et l’apport des neurosciences permettent d’approfondir notre connaissance du cerveau et font naitre d grands espoirs dans le domaine de la santé. Elles tendent notamment aujourd’hui à démontrer que nous possédons un « cerveau musicien » et qu’il n’est pas improbable que nous ayons à exploiter ce cerveau avant même d’accéder à la parole.

Les plupart des réseaux neuronaux qui permettent l’analyse de la musique par le cerveau côtoient en effet les réseaux du langage. Avec surprise, les chercheurs sont constaté que, suite à un accident cérébral, les déficits de perception de la musique et du langage sont parfois dissociées. Il  n’est ainsi pas rare qu’un musicien devenu aphasique continue de jouer et composer. C’est la preuve que langage et musique, bien  que proches, restent relativement indépendant dans le cerveau.

Cerveau et mémoire musicale

Cerveau, neurosciences et musicothérapie Une aide pour retrouver la parole : « C’est intéressant en rééducation, car on peut stimuler par la musique les régions du langage qui sont déficientes.  Cela permet de contourner un peu le problème », explique Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’université de Caen. La thérapie mélodique et rythmée, couramment utilisée par les orthophonistes, permet de désinhiber la parole des personnes aphasiques : la musique fait office de béquille, offrant un support rythmique et mélodique  qui favorise la prononciation.x

Un anti dépresseur naturel :

de la même façon la musique peur soutenir le pas des malades atteint de Parkinson, qui, en pratiquant la danse, parviennent à mieux contrôler leurs mouvements. Plus surprenant, l’écoute passive de musique produit des effets cognitifs : une étude a montré qu’une écoute quotidienne favorise une récupération significative de la mémoire verbale et de l’attention chez des patients victimes d’AVC.

De plus ceux-ci  sont moins sujets aux états dépressifs ou de confusion. « La musique active la zone de récompense et du plaisir », explique le neurologue Pierre Lemarquis. «  Le cerveau sécrète de la dopamine et des endorphines, qui donnent envie de vivre. En écoutant de la musique, vous secrétez aussi de la morphine, qui apaise la douleur.  Sous cet angle, la musique s’apparente vraiment à un médicament », détaille-t-il.

Des études ont montrées que les différentes composantes de la musique (rythme, timbre, hauteur) engageaient des régions cérébrales distinctes. Ce caractère « diffus » de la musique dans le cerveau, explique en partie la préservation des compétences musicales dans nombres de pathologie neurologiques.

Les IRM réalisées chez les musiciens

Les IRM réalisées chez les musiciens montrent que la musique stimule le cerveau au niveau des hippocampes. « L’hippocampe est la structure d’entrée de la mémoire », explique Hervé Platel. « Dans le cerveau, la tête de l’hippocampe touche l’amygdale (dans la partie frontale du lobe temporal), une région très importante dans la gestion des émotions. Les deux vont ensemble. Et la musique joue sur tous ces niveaux : elle stimule de manière conjointe les réseaux des émotions, les réseaux de la mémoire, du langage et des régions de la motricité. »

C’est ce que le chercheur surnomme joliment « la symphonie neuronale ». Sur les IRM, le cerveau des musiciens s’illuminent. « Je ne connais aucun autre média qui produise autant de stimulations dans autant de réseaux cérébraux en même temps ! », s’émerveille Hervé Platel.

Le chercheur a placé la mémoire et la musique au cœur de ses recherches. Là encore, les stimuli musicaux agissent à plusieurs niveaux : « Quand on écoute de la musique, on fait fonctionner toutes nos mémoires. Or, il y a des aspects de la mémoire que l’on connait encore mal : notamment la manière dont une expérience de la vie sensorielle s’imprime dans le cerveau » explique Hervé Platel.

Cerveau et musicothérapie pour retrouver son identité

Cerveau, une solution : la musicothérapie

Cerveau, une solution : la musicothérapieUn accès direct aux souvenirs : La musique ancrée à différents niveaux de la mémoire, a justement le pouvoir singulier de faire ressurgir l’émotion du passé. « Le souvenir est prisonnier dans les plis d’un cerveaux comme dans un sac, avec les émotions qui lui ont donné naissance. On ne peut y accéder en temps normal », détaille le neurologue Pierre Lemarquis. « Mais en écoutant certaines musiques familières, on va retrouver l’émotion et le souvenir va ensuite sortir intact”.

“Cette mémoire débarrassée du langage est une mémoire du corps et de l’émotion. Elle est beaucoup plus solide ». Le cadre des maladies neurologiques, et plus particulièrement des maladies neurodégénératives, se révèle donc très pertinent pour mieux comprendre les effets de la musique sur la mémoire.

Pierre Lemarquis raconte l’histoire bouleversante d’un patient atteint d’un Alzheimer déjà avancé : celui-ci ne reconnaissait plus sa femme, ni ses filles. Ces dernières ont eu alors l’idée d’amener la vielle clarinette de leur père lors d’une consultation avec le neurologue. Dans le cabinet de Pierre Lemarquis, l’homme  se saisit naturellement de son instrument, et, retrouvant son assurance d’ancien musicien, entonne un air de Mozart. A la fin du morceau, le patient se souvient du nom  de son village natal et son discours se fait plus fluide. Puis, s’approchant tout près du neurologue, il lui glisse : « comme ça vous savez…je suis un peu là encore ».

Plasticité du cerveau et apprentissage :

Un espoir contre la maladie d’Alzheimer : à Caen, les chercheurs se sont intéressés à des patients atteints d’Alzheimer, et présentant des troubles massifs  de la mémoire, qui apprenaient pourtant des chants nouveaux et étaient capables de les produire longtemps après. «  C’est la démonstration qu’il y des apprentissages possibles chez ces patients », affirme Hervé Platel.

«  Pendant longtemps, on a eu le sentiment que, dans cette pathologie, il n’y avait plus d’’encodage de ce qui avait été vécu. On sait désormais qu’un patient atteint d’Alzheimer  continue à mémoriser les perceptions de ce qu’il vit, même s’il n’est pas capable d’en rendre compte. »

La musicothérapie permet d’accompagner ces patients, en stimulants les zones intactes de leur mémoire. «  On ne va pas soigner la maladie d’Alzheimer, ni faire repasser des neurones avec des chansons », Tempère Francis Eustache, directeur d’une unité de recherche de l’Inserm au CHU de Caen. «  Mais on peut stimuler la cognition, et redonner une vie affective et sociale à ces personnes en les faisant chanter, peindre ensemble. »

Ces découvertes ont amené une réflexion sur la prise en charge, incitant les soignants à abandonner les activités « occupationnelles » classiques pour aider ces malades à sortir de leur apathie.

Protéger son cerveau avec la musique

Une protection contre le vieillissement : Les chercheurs s’intéressent également aux effets de la musique sur « La réserve cognitive » du patient en bonne santé.  La réserve cognitive, c’est le patrimoine que l’on constitue tout au long de sa vie, qui va nous permettre de résister aux effets physiologiques de l’âge et de retarder les signes cliniques de certaines maladies du cerveau », détaille Francis Eustache.

La musique pourrait bien accélérer indirectement cette neurogénèse : des expériences menées sur des souris et des rats soumis à des stimuli musicaux montrent que la production de neurones est augmentée dans leurs hippocampes. « Mais on ne sait pas toujours précisément ce qui produit cet effet neurostimulant », pointe Hervé Platel. La réflexion reste donc ouverte sur cet aspect « mystérieux et magique » de la musique. De Liza Fabbian.(Fin de l’article)

Musicothérapie et mon expérience soignante :

Enfants autistes et musicothérapie

Enfants autistes et musicothérapieL’aspect mystérieux et magique de la musique : la musicothérapie est aussi utilisée avec des enfants autistes. Je peux témoigner de ma pratique auprès de ces enfants. Ces ateliers musicaux que j’animais avec mes collègues avaient du succès (tant pour les soignants que pour les soignés) car ils suscitaient l’intérêt de l’enfant par le son, un lien s’établissait entre l’enfant et ce support.  Un léger lien, mais au combien précieux…Pour tenter d’établir un infime lien de relation entre deux mondes.

Aspect mystérieux et magique de la musique sur votre cerveau :

Quel impact à sur vous la musique ? Vous aide-t-elle ? Comment entretenez-vous votre cerveau ? En ce qui me concerne, la musique faisant partie intégrante de ma vie, suis-je vraiment prémunie de la maladie d’Alzheimer ? Je n’en suis pas sure. Je fais confiance et continue d’entrainer mon cerveau, ne serait-ce  par l’écriture des articles que vous lisez. Une autre passion pour entretenir mon cerveau : les grilles de Sudoku, je préfère les Démoniac. Magique en cas d’insomnie… !