Enfance en danger, maltraitance, indifférence et responsabilité

Enfance en danger

Enfance en danger, pour avoir vécu des moments difficiles pendant l’enfance, je sais de quoi je parle. Un documentaire diffusé dernièrement sur une chaine de télévision m’a horrifié. Pourquoi horrifié ? Au fil des décennies, rien, absolument rien n’a changé ! L’état des lieux est consternant. La maltraitance, ce fléau, continue de sévir et est en augmentation constante. Qui est responsable ? L’indifférence ferait-elle partie de votre quotidien ? Vous sentez-vous concerné par ce fléau ? Engagez-vous votre responsabilité ? Préférez-vous ne rien voir, ne rien entendre… ? Le confort, votre confort, fini un jour par être inconfortable. Bonne nuit…

 

Enfance en danger, voyage vers l’indifférence :

Une petite histoire : mouchoir à garder au fond de la poche, ce n’est pas de pitié dont j’ai besoin mais de votre attention envers l’enfance en danger.

Enfance en danger, se taire pour sauver sa peau et donner puissance à l'autreVous avez dit enfance en danger ? Un jour je me pointe à l’école avec des jambes ressemblant à des aubergines, les aubergines grillées avec une pointe d’huile d’olive, vous aimez ? Moi, j’adore… Oh, pardon, je reviens, l’humour fait passer la pilule : La maîtresse d’école me convoque, je raconte mon histoire, mère convoquée… explications… Résultat : je me retrouve avec une couche de maltraitante psychologique, ah la vilaine fille que j’étais d’avoir racontée des histoires ! Enfance en danger ? Que nenni, Je n’avais évidemment rien compris à la culture des aubergines ! J’en ai payé le prix fort ! Ah bien, c’est curieux, je ne comprenais plus rien au fonctionnement des adultes. L’adulte fait force de loi contre la parole de l’enfant qui ne vaut que pipette.

La suite ? Enfance en danger… chaud devant ! D’autres évènements du même genre se sont transformés en icebergs qu’aucune canicule n’a pu faire fondre, ne serait-ce de quelles gouttes. Monsieur Iceberg aussi solide que Dame Canicule ! Curieux comme les services sociaux étaient frileux, habitants sur un iceberg, après tout, quoi de plus normal. Par contre, moi, j’étais au pays de la canicule et J’étais comme sur le dessus d’un volcan grondant sa violence et prêt à cracher son feu. Toujours sur le fil du rasoir, ma vie en sursis n’avait pas d’intérêt pour faire la une de quelque feuille de chou, ne serait-ce pour une oreille attentive…

Enfance en danger, maltraitance : j’étais sous les feux du projecteur de l’indifférence totale

Quelques décennies plus loin… Rien à changer ! Savez-vous que, d’après l’INSERM concernant l’enfance en danger :

« Si la question de la maltraitance est régulièrement désignée comme prioritaire par les pouvoirs publics, le discours officiel masque pourtant une méconnaissance profonde de l’ampleur réelle du problème. Depuis 1996, les mauvais traitements à enfants de moins de 15 ans, recensés par la police et la gendarmerie, ont plus que doublé en France, pour atteindre 13 496 cas en 2006. »

Qui est responsable ? Une question : pourquoi tant d’adultes maltraitent ainsi l’enfance ? La maltraitance est un indicateur de mal être. Pourquoi s’en prendre à plus démuni que soi ? La question est simpliste, les réponses sont complexes, je renvoie seulement chacun à sa responsabilité. Respecter son SOI ou le TUER.

Respecter son SOI, c’est respecter l’autre comme SOI. TUER l’autre par la maltraitance, c’est se TUER SOI. Qui est responsable ? L’adulte reproduit dans la plupart des cas ce qu’il a vécu. Je dis bien dans la plupart des cas, certains ne reproduisent pas et j’en suis la preuve vivante, je n’ai pas reproduire ce que j’ai vécu.

Quelques chiffres sur l’enfance en danger :

Généralités, informations du site www.lenfantbleutoulouse.fr

Aider l'enfance en danger pour lutter contre la maltraitanceIl existe aujourd’hui en France plus de 98 000 cas connus d’enfants en danger, c’est-à-dire 10% de plus qu’il y a dix ans. !!!

 

Parmi eux :

19 000 sont victimes de maltraitance

78 000 se trouvent dans des situations à risque

 

Plus de chiffres, plus précisément :

44 % des enfants maltraités ont moins de 6 ans

60 % des cas de maltraitance sexuelle ont lieu dans la famille des victimes

46 % des cas de maltraitance sont imputables aux pères

25 % des cas de maltraitance sont imputables aux mères

9 % des cas de maltraitance sont imputables aux beaux-pères

600 à 700 décès sont imputables à de mauvais traitements infligés par les parents.

Enfance en danger, la maltraitance à des conséquences :

Conséquences de la maltraitance, (information de l’OMS) : enfance en danger à l’horizon…

 

« La maltraitance entraîne des souffrances pour les enfants et leurs familles et peut avoir des conséquences à long terme. Elle provoque un stress auquel on associe une perturbation du développement précoce du cerveau. Un stress extrême peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire. Dès lors, les enfants maltraités, devenus adultes, sont davantage exposés à divers troubles comportementaux, physiques ou psychiques, tels que les suivants:

  • propension à commettre des violences ou à en subir;
  • dépression;
  • tabagisme;
  • obésité;
  • comportements sexuels à risque;
  • grossesse non désirée;
  • alcoolisme et toxicomanie.

Au travers de ces conséquences comportementales et psychiques, la maltraitance peut favoriser les pathologies cardiaques, le cancer, les suicides et les infections sexuellement transmissibles.

Au-delà de ses répercussions sur la santé et la société, la maltraitance des enfants a un coût économique, lié notamment aux hospitalisations, au traitement des troubles psychiques, à la protection de l’enfance et aux dépenses de santé à plus long terme. »

Pour enfoncer le clou sur l’enfance en danger :

En France, un à deux enfants meurent chaque jour sous les coups d’un adulte. Quel effet ça vous fait ? Je vous invite à regarder ce documentaire qui m’a tant horrifié, non pas par son contenu tellement connu mais par cette impuissance (ou incompétence ?) apparente des pouvoirs publics envers l’enfance en danger.

Enfance en danger, voici le mot de la fin de ce fameux documentaire :

Enfance en danger : un numéro pour sauver une vie

Enfance en danger : un numéro

« Le documentaire relève du cauchemar : il démontre l’impuissance de tous les côtés, celle en premier lieu des victimes qui ne sont pas en âge de dénoncer son ou ses bourreaux, celle des pouvoirs publics à prendre en charge ce phénomène de société qui perdure depuis trop longtemps et enfin celle de l’entourage à parler. Pour Daniel Rousseau, c’est le regard sur l’enfant qui doit changer : « Ça peut être la grande révolution, par rapport à l’histoire de l’enfance au XXIe siècle, que d’accorder à l’enfant une existence en tant que sujet et non plus simplement en tant que membre de sa famille ou un individu appartenant à ses parents. » »

Mona Guerre, Omerta sur un fléau social

Enfance en danger : petit mot personnel de la fin… sans fin de l’enfance en danger : quel regard portez-vous envers la maltraitance de l’enfance ? Partez-vous du principe que votre responsabilité est engagée dans le combat de ce fléau ? Pensez-vous comme moi que la maltraitance peut-être le reflet d’un mal être profond, d’une dénégation de soi,  de notre personne capable ainsi de TUER son propre miroir ? Car l’enfant tel qu’il se présente devant nous, n’est autre que SOI lorsque nous étions nous-même enfant. Enfance en danger vous présente le mot personnel de la fin… sans fin qui aura une suite… sans fin. Je vous recommande de suivre cette affaire de près.

Goujats et zombies dans un concert d’indifférence

Goujats et zombies dans un concert d’indifférence

Goujats, zombies, ça vous inspire ? La lecture d’un billet d’humeur d’Alain DUAULT de la revue mensuelle Classica du mois d’octobre 2013 m’a renvoyée dans le même ordre d’idée à un article écrit le 8 aout : « Respect et bienséance dans ce monde », vous vous rappelez ? Combien sommes-nous à déplorer ce manque de respect envers autrui ?

Sommes-nous nous-mêmes des goujats, des zombies  nous insurgeant ainsi contre le manque de considération que l’autre peut ainsi nous témoigner ? Sommes-nous des humains pétris d’émotions, ce qui fait notre force en donnant du relief à nos vies, serions-nous une espèce en voie de disparition et dans ce cas assistons-nous à la mutation d’un monde déshumanisé… ? Je vous invite à lire ce billet d’humeur et à réagir à la fin de l’article.

 Si vous invitez à diner des amis qui, dès la dernière cuiller de dessert avalée, se lèvent et s’en vont sans remercier et dire au revoir, comment les qualifiez-vous ? De goujats assurément, et vous avez raison : c‘est exactement ce que je pensais en voyant cet été, à plusieurs reprises durant les festivals, des spectateurs se levés à la dernière note et foncer vers la sortie sans même un applaudissement pour les artistes qui venaient saluer !

Goujats et standing social à préserver : goujats et amour de la musique, bon couple ?

Goujats et amour de la musique, bon manage ?Je me suis souvent interrogé sur la détermination de ces spectateurs qui n’éprouvent pas le désir non seulement de remercier (indifférence aux autres) mais même de savourer (indifférence à eux-mêmes) : que viennent-ils donc chercher dans un concert ? Le fait de pouvoir dire : « j’y étais » ? La satisfaction consumériste qui permet d’ajouter à sa liste un nouveau concert ? Le passage obligé qu’impose un certain standing social ?

Si un concert n’est pas un rendez-vous entre des artistes et un public, des êtres humains qui se réunissent, pour partager ensemble une même émotion à quoi bon s’y précipiter ? Si l’on veut simplement jouir d’une œuvre dans les meilleures conditions, un disque et une excellente chaine permettent de le faire chez soi : c’est un plaisir solitaire qui peut, après tout se comprendre – même s’il éloigne de la vie, de la musique vivante.

Les Goujats s’apparentent-il avec indifférence ?

 Ce manque de lien entre le public et les artistes s’inscrit bien dans la déshumanisation généralisée de notre société : il n’est que de sortir de chez soi dans les rues des villes pour croiser tous ces zombies, le casque sur la tête, sourd aux bruits de la ville, indifférents çà l’environnement humain, seuls avec leurs plaisirs.

Il n’est que de prendre le métro – pour les Parisiens, mais je ne suis pas sûr que ce soit différent à Toulouse ou à Lyon – pour mesurer le lourd poids d’indifférence qui isole les voyageurs, enfermés dans leur bulle, les yeux vides, uniquement reliés à un univers de plus en plus abstrait du réel, soit par le fameux casque soit par le téléphone portable sur lequel on pianote sans cesse.

Serait-ce que notre monde ne sait plus communiquer –alors que la communication est devenue le nouvel eldorado, l’alpha et l’oméga de toute action, comme si, le faire savoir était plus important que le faire ?

Goujats considérant les artistes que comme des machines

Goujats et zombies dans un concert d’indifférenceGoujats et amour de la musique, conciliable ? Mettons-nous un instant à la place d’un artiste qui vient de donner le meilleur de lui, même, qui vient d’offrir des émotions puisées en lui et qu’il a su tirer des œuvres des composteurs : il salue et, en se redressant il aperçoit des dizaines de spectateurs qui partent à la hâte, qui fuient comme s’ils craignaient que la musique recommence…

Que peut-il se dire ? Qu’il n’a pas transmis d’émotion, que ce qu’il a cru donner n’a pas été reçu ? Bien sûr, quelques-uns l’attendront à la sortie pour lui dire leur bonheur, pour le remercier, pour créer un lien, fut-il fugitif, avec cet artiste qui est d’abord un homme ou une femme à la sensibilité exacerbée et donc fragile.

Blessures de l’instant

Pourtant ce sont ceux qui sont partis sans rien lui exprimer, sans lui donner ces applaudissements qui, seuls, lui font comprendre qu’il était entendu, qu’il s’en souviendra comme d’une blessure.

La conversation du concert, c’est celle qui fait dialoguer l’effort d’un artiste avec le bonheur d’un public, c’est musique des applaudissements qui répond à la musique des instruments. Ne considérer les artistes que comme des machines à faire de la musique et non comme des êtres humains qu’un remercie de leur cadeau et avec lesquels on partage un moment de plaisir, celui d’avoir donné et celui d’avoir reçu, c’est descendre un peu plus dans ce monde sans couleur, sans saveur, sans échange, ce monde orwellien dont chaque élément n’est qu’un rouage froid, totalitaire, sourd.

Et si tous les spectateurs, la dernière note entendue, se levaient d’un coup et quittaient précipitamment la salle sans un regard, sans un applaudissement ? Essayez d’imaginer ! Cela ne vous fait-il pas froid à l’âme ?

Goujats participant à l’apocalypse, nous allons laisser faire ?

Applaudissez voici les artistes

Goujats et zombies : applaudissons

Je n’ose pas imaginer cette scène qui pour moi serait comparable à l’apocalypse. En effet, offrir le meilleur de soi en voulant partager une œuvre ou l’on a donné tout son être et de constater que l’autre vous ignore, c’est le déni total de l’humain dans toute sa dimension, prendre et considérer l’autre qui est aussi soi, comme un objet à consommer, quoi de plus terrible…

Goujats, zombies, c’est une non-reconnaissance d’autrui et de soi, un reniement de l’essence même de l’humain. La conséquence de cette non-reconnaissance de notre être ? Ce sera pour un autre article. En attendant, ne soyez pas goujats (avec tout le respect que je dois à chacun) si vous avez été sensible à ce billet, je serais ravie de lire  votre avis sur ce sujet.